Au-delà du panthéon, la franchise a produit plus de cent segments, et une bonne moitié mériterait un article à elle seule. Voici douze histoires qui reviennent systématiquement dans les conversations de fans, classées par ordre chronologique, de 1991 à 2014. Elles couvrent trois décennies de cibles parodiques, du conte cruel victorien au vieux dessin animé de 1987.
La patte de singe
TROIS VŒUX, TROIS DÉSASTRES
Deuxième édition, 31 octobre 1991. La famille rapporte du Maroc une patte de singe qui exauce les vœux, mais toujours de travers. Bart réclame la gloire et la fortune, les Simpson finissent surexposés ; Lisa réclame la paix dans le monde, ce qui désarme la Terre et l'offre sur un plateau à Kang et Kodos.
Un clown sans pitié
LA POUPÉE QUI VEUT TA PEAU
Troisième édition, 29 octobre 1992. Homer achète à Bart une poupée Krusty dans une boutique tenue par un vendeur passablement inquiétant. La poupée passe le segment à essayer de tuer Homer, jusqu'à ce qu'un réparateur découvre l'explication : l'interrupteur du jouet était resté réglé sur « maléfique ».
King Homer
MARGE ET LE SINGE GÉANT
Toujours dans la troisième édition. Mr Burns finance une expédition vers l'île aux singes, avec Marge en appât ; le singe géant qu'ils rapportent a le visage d'Homer. La parodie de King Kong pousse le respect jusqu'à passer en noir et blanc, ce qui inquiétait Al Jean : il craignait qu'on croie la télé en panne.
Bart Simpson's Dracula
LE CHÂTEAU DE PENNSYLVANIE
Quatrième édition, 1993. La famille est invitée chez Mr Burns, dans un château de Pennsylvanie, et découvre assez vite que leur patron est un vampire. Le segment lorgne sur le Dracula de Coppola et sur Génération perdue, avec une chute qui révèle que Marge est la vraie cheffe de la meute.
Cauchemar à la cafétéria
LES ÉLÈVES AU MENU
Troisième segment de la cinquième édition. Coincés entre une nourriture immangeable et une salle de retenue surpeuplée, le principal Skinner et la cantinière Doris trouvent la solution : servir les élèves collés à la cantine. C'est le premier scénario signé David X. Cohen pour la série.
L'attaque des gâche-la-vue géants
LES MASCOTTES PRENNENT VIE
Sixième édition, 1995. Un orage électrique réveille toutes les enseignes publicitaires géantes de Springfield, à commencer par le donut du Lard Lad qu'Homer venait de voler. La solution ? Les ignorer : privées d'attention, les mascottes s'effondrent. Paul Anka apparaît en personne pour chanter la marche à suivre avec Lisa.
L'éprouvette de la genèse
LISA DEVIENT UNE DÉESSE
Septième édition, 1996. Lisa plonge une de ses dents dans une boîte de Petri remplie de cola pour son projet de sciences ; une décharge statique de Bart y déclenche l'apparition d'une civilisation miniature. Ses habitants la vénèrent comme leur créatrice et voient Bart comme le Diable. Un clin d'œil à « Le Petit Peuple ».
Homer Homega
SEUL SURVIVANT PAR ACCIDENT
Huitième édition, 26 octobre 1997. Le maire Quimby lâche une vanne sur la France, qui riposte à la bombe à neutrons. Homer, à l'abri au bon moment, se croit dernier homme sur Terre, jusqu'à ce que les habitants mutants sortent de l'ombre. Sa famille a survécu grâce aux couches de peinture au plomb de la maison.
Cuisiner, c'est pas sorcier
L'ORIGINE D'HALLOWEEN
Toujours en 1997. Le Springfield de 1649 chasse les sorcières, et Marge est accusée par Moe. Jetée du haut d'une falaise, elle s'envole : c'en est bien une. Avec Patty et Selma, elle instaure le troc qui fondera Halloween, des friandises contre la sécurité des enfants.
Starship Crotteurs
MAGGIE EST À MOITIÉ EXTRATERRESTRE
Neuvième édition, 1998. Marge avoue que le père biologique de Maggie n'est pas Homer, mais Kang. La bataille pour la garde se règle sur le plateau du Jerry Springer Show, avec le public déchaîné et le présentateur dans son propre rôle. La franchise assume ici pleinement son goût pour le mauvais goût.
Le jour où la Terre a eu l'air stupide
SPRINGFIELD, 1938
Dix-septième édition, 5 novembre 2006. Les habitants paniquent en écoutant l'émission d'Orson Welles sur La Guerre des mondes, puis apprennent que c'était une fiction et jurent qu'on ne les y reprendra plus. Quand Kang et Kodos débarquent pour de vrai, plus personne ne bouge. Maurice LaMarche double Welles.
The Others
LES FANTÔMES DE 1987
Vingt-cinquième édition, 19 octobre 2014. La famille est hantée par des spectres qui ne sont autres que ses propres versions de l'époque du Tracey Ullman Show, mal dessinées et grinçantes. Le segment défile ensuite d'autres styles graphiques, du rendu numérique à la brique LEGO.
Comment marche un Simpson Horror Show
Trois histoires, zéro conséquence, un chiffre romain
Avant de plonger dans les segments, il faut comprendre la règle du jeu. Le Simpson Horror Show n'est pas un épisode comme les autres : c'est une parenthèse officiellement déconnectée du reste de la série. Les scénaristes s'y autorisent ce qu'ils s'interdisent le reste de l'année : tuer des personnages principaux, faire exploser la ville, changer d'univers en route.
Hors canon, totalement
C'est LA règle fondatrice, revendiquée par l'équipe : les segments se déroulent hors de la continuité de la série, et ce qui s'y passe n'a aucune conséquence sur l'épisode suivant. Homer peut mourir en octobre, il déjeune tranquillement en novembre. D'où un niveau de violence impensable dans un épisode normal.
Trois segments, sauf exception
Chaque édition découpe ses vingt minutes en trois histoires indépendantes, chacune avec son titre, son genre et longtemps son propre scénariste. La règle a tenu trente et un ans avant de céder : l'édition XXXII, en 2021, est la première à en aligner cinq d'un coup.
Les chiffres romains
Le tout premier épisode, en 1990, ne porte aucun numéro : il s'appelle simplement Simpson Horror Show. Dès l'année suivante, la numérotation romaine s'installe et ne lâche plus. Repère bien pratique : le numéro de l'édition est toujours inférieur d'une unité à celui de la saison. XXXVI appartient donc à la saison 37.
Un titre VF à part
En version originale, la franchise s'appelle Treehouse of Horror, littéralement la cabane de l'horreur. Le nom vient du premier épisode, où les enfants se racontent des histoires qui font peur dans la cabane du jardin. La France a préféré Simpson Horror Show, le Québec Spécial d'Halloween.
Des parodies avant tout
Le Simpson Horror Show fait rarement peur : il fait rire avec la peur des autres. Kubrick, Poe, Bradbury, Stephen King, La Quatrième Dimension, les comics d'horreur EC, les films de monstres des années 50 : chaque segment choisit une cible et la rejoue à Springfield.
Le gore est autorisé
Pour la cinquième édition, le showrunner David Mirkin a délibérément gonflé la dose d'hémoglobine, en réponse aux critiques du Congrès américain sur la violence à la télévision. Il voulait y mettre autant de sang et de tripes que possible, et parle du show d'Halloween le plus dérangeant jamais produit.
Une place mouvante dans la saison
Il n'y a pas de créneau fixe. Six éditions ouvrent carrément leur saison : la septième, puis les onzième, douzième, treizième, quatorzième et quinzième. Les autres arrivent en troisième, quatrième, cinquième ou sixième position, selon le calendrier de la Fox — et surtout selon le baseball.